Romain Rousseaux Perin | Jour 70 – Le dernier
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Jour 70 – Le dernier

“70 jours”, c’est ce que j’ai indiqué sur le formulaire dédié aux services douaniers lors de mon entrée au Japon. Actuellement, je fais le chemin inverse. Si l’avion n’a pas de retard, je devrais atterrir dans un peu moins de 4 heures. Ces 70 jours, j’ai essayé de les vivre le plus intensément possible. Parce que c’était la première fois, qui avait le goût de toutes ces autres premières fois : l’aventure, ce voyage vers l’inconnu, cet émerveillement perpétuel, quotidien, dont vous devez pourtant vous méfier tant il peut vous rendre moins objectif. Parce que cela sera peut-être la seule opportunité que j’aurai dans ma vie de voyager aussi longtemps, et d’avoir tout ce temps à consacrer, juste pour ça. Parce qu’une fois que vous ressentez tout le sens de l’Ukiyo, cela devient une nécessité, un besoin de pousser cette porte, une curiosité insatiable qui bouscule les limites que l’on se fixe de façon permanente et qui appartiennent désormais à l’inconscient collectif. Parce que si je reviens un jour, je redécouvrirai une nouvelle Tōkyō, tant elle est l’image même d’une ville organique. Parce que, tout bêtement, le temps passe plus vite ; pudiquement, je n’en ai rien dit, mais cette France, et tout(s) ce(ux) qu’elle m’évoque, m’a manqué chaque jour.

 

Le temps est donc venu des remerciements. Des remerciements que je renouvelle ici pour la plupart :

 

À la Fondation Palladio, sans qui rien de tout cela n’aurait été possible. La recherche sur la ville doit continuer d’être valorisée, à toutes ses échelles, dans toutes ses dimensions. Palladio y participe, notamment en soutenant financièrement des recherches doctorales ou post-doctorales, et même des poursuites d’étude. Mais aussi en apportant aux jeunes chercheurs un réseau de professionnels dont les compétences éclairent chaque jour les perspectives auxquelles nous consacrons plusieurs années de notre parcours professionnel. Au-delà, ce sont ces groupes de réflexion autour de séminaires transversaux qui animent chaque année des débats qui participent déjà à la pensée de la ville future. Merci pour votre soutien, que vous avez décidé de renouveler cette année. Merci à tous ses membres bienfaiteurs, mécènes, et actifs administrateurs qui se reconnaîtront ici ;

 

À la ville de Châlons-en-Champagne et à l’Agence d’Urbanisme AUDC, de faire exister cette présente recherche ;

 

À toutes les personnes m’ayant accueillies dans le cadre de mes entretiens : Manuel Tardits, Takashi Ariga, Takaharu Tezuka, Kazuyasu Kochi, Unemori Architects, Megumi et Takeshi Hosaka, Yoshinori Sakano et l’habitante propriétaire de la Flat House, Hideyuki Nakayama, Cécile Asanuma-Brice, Masaki Endoh, Manabu et Arata Naya, Yoshiyuki Yamana, Madoka Aihara et Florent Reverdy, Imamura Souhei, Takuro Yamamoto, Yasuhiro Yamashita, Teruo Miyahara, Bill Galloway, Shinsuke et Masayo Fujii, Taira Nishizawa, Tatsuo Iwaoka, Edward Suzuki, et Manabu Chiba (dans l’ordre chronologique des rencontres) ;

 

À Julien, mon interprète, sans qui tous ces entretiens ne se seraient sans doute pas aussi bien déroulés. En postant cette annonce de recherche il y a près de six mois à la Chambre du Commerce de Tōkyō, je dois bien avouer que je ne m’attendais guère à trouver quelqu’un d’aussi professionnel. Car Julien est interprète professionnel. Et malgré le dédommagement ridicule que je proposais (même si pour moi, c’est une sacrée somme), il a toujours répondu présent. C’est une réelle chance d’être tombé sur lui, et j’ai pu mesurer cette chance à chaque entretien. Notre duo était parfait, si bien que dans les dernières interviews, Julien relançait les architectes en sachant par anticipation les questions que je souhaitais leur poser. Cela fait gagner un temps précieux sur l’heure d’entretien que nous devions menés tambours battants. Cette complémentarité est le point clé de la réussite espérée de ces enquêtes de terrain ;

 

À Yoko, pour les quelques entretiens passés ensemble. Yoko est une belle rencontre de ce début de séjour ;

 

Aux habitants m’ayant ouvert leurs portes. Venir au Japon pour étudier les petites maisons individuelles en ville, sans pouvoir en visiter une aurait été un échec, un non-sens, une aberration. J’en ai visité plus qu’espéré, et ces expériences nourriront de la meilleure façon mes réflexions à venir sur l’optimisation des surfaces habitables ;

 

À l’ensemble de mes hôtes pour leur accueil chaleureux, avec un remerciement particulier et appuyé à Reiko et sa famille. Ils resteront pour moi la plus belle des rencontres au Japon. Si je reviens un jour, je retournerai chez elle sans la moindre hésitation, et avec un très grand plaisir ;

 

À Cécile Asanuma-Brice, pour la visite de son quartier, de sa maison, pour l’aide apportée sur la diffusion de mon questionnaire, pour sa bienveillance et évidemment pour notre entretien qui m’a éclairé sur la situation du logement au Japon ;

 

À la MFJ et les organisatrices de la journée d’étude JAPARCHI du 11 novembre dernier. Cet instant d’échange et de débat était un moment clé de mon séjour, un moyen de faire le point sur les premiers entretiens, sur les premières visites, sur les premières expériences de terrain. Mais aussi et surtout de recueillir des avis croisés entre les deux cultures ;

 

À Nicolas Depoutot, pour ses conseils et orientations et ses retours sur mes articles, avant et pendant le voyage ;

 

À Walter Pezzali, pour ce bon moment passé, et pour sa visite détaillée de Kichijōji, l’image d’un Tōkyō qu’il ne faut pas manquer ;

 

À vous, lecteurs d’un jour ou depuis le début, qui m’avez suivi. J’espère vous avoir transmis l’essentiel : l’envie d’aller plus loin.

 

À toutes les personnes que j’aurais omis de mentionner ici, et je m’en excuse. En tout cas, j’ai pris un véritable plaisir à partager avec vous mes expériences quotidiennes (et j’ai réussi à m’y tenir !). Je ne sais pas encore comment tout ceci va se formaliser dans ma thèse, si cela doit ou non faire l’objet de travaux annexes avant cela, mais le contenu est là, sous cette forme et c’est – pour le moment – tout ce qui compte.

 

À ma femme et à toute ma famille, pour tout.

 

Romain.

 

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