Romain Rousseaux Perin | Jour 4 – Omotesando, Shibuya, Tokyo
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Jour 4 – Omotesando, Shibuya, Tokyo

Aujourd’hui, direction Omotesando, quartier très branché où l’on n’y trouve les enseignes des plus grandes marques de mode (françaises du coup). Chanel, Dior, tout y est… Mais je ne suis pas venu pour faire du shopping. Je me balade dans les rues de Omotesando Hills, loin des tours et commerces de Omotesando dori. Enfin loin… Non, à deux pas, mais encore une fois, ce fameux saut d’échelle.

On retrouve à nouveau un quartier paisible, où les sons de la nature surpassent nettement les sirènes de la ville agitée qui parait si loin. Au-delà du chant des oiseaux, la nature s’exprime également à travers les jardins. Souvent, leur présence masque l’entrée des maisons, résolument fermées sur elles-mêmes.

Première petite maison croisée ce jour, qui répond globalement au modèle des petties maisons rencontrées les jours précédents : un rez-de-chaussée occupé largement par le parking du véhicule, une entrée à l’arrière ou sur le côté, une plante de bon ton. Celle-ci a l’originalité d’avoir un sous-sol. On le remarque dans la séquence d’entrée illustrée à travers le deuxième cliché.

Les petites maisons suivantes ont toutes un point commun : la forme de leur toit. À vérifier, mais cela découle sûrement d’une règle d’urbanisme propre au Japon : le droit à l’ensoleillement. Les nouvelles constructions ne doivent pas perturber l’ensoleillement de la construction voisine existante. Un droit qui est apparu assez récemment : je vous invite à lire l’article de Kubo Shigeki pour plus de précisions : « La liberté de construire et le droit de l’urbanisme au Japon », dans la Revue Internationale de Droit Comparé 51, no 3 (1999), p.487 à 497 (il faut être précis !).

Et que peut bien cacher l’interstice entre la maison blanche et la maison en premier plan, sur la dernière photo ?

L’entrée (vraiment réussie) d’une maison construite sur une parcelle en drapeau. Ce type de maisons est courant au Japon. Leur multiplication suit la vague de divisions parcellaires résultant de la pression foncière. L’atelier de l’agence Bow-Wow est du même type, même si la surface habitable doit être plus importante que cette petite maison de Shibuya.

Je finis mes découvertes du jour de petites maisons en apothéose : la Tower House de l’architecte Takamitsu Azuma, construite en 1966. C’est sa propre maison, installée sur une parcelle de 20 mètres carrés, pour une surface habitable d’à peine 65 mètres carrés. Des photos d’époque sont disponibles en cliquant ici. Comparez la densité alentour entre “hier” et aujourd’hui. La Tower House est aujourd’hui davantage “House” que “Tower”. Elle n’en reste pas moins un modèle de petites maisons immanquables, qui a fait et fait encore école.

Je me remets de mes émotions (oui, quand on travaille autant sur un sujet précis, voir la Tower House peut vous donner des frissons) et continue sur Aoyama Dori. Je tombe par hasard sur une Pet Architecture relevée par Tsukamoto. Un petit commerce qui se glisse entre deux immeubles, tel un serpent. Surprenant.

Au passage, il est intéressant de remarquer que les bâtiments sur rue de la plupart des grands axes commerciaux ont à l’arrière une rue sur laquelle donnent les accès techniques. des bâtiments. Des rues sans grande qualité, et qui peuvent parfois être d’une extrême étroitesse.

Je rejoins à nouveau Omotesando, et ses grands magasins. L’occasion pour moi de terminer comme chaque article par quelques photographies nocturnes…

Ah. Non, j’ai pas fini ! De une, parce que ma soirée ne s’est pas terminée d’une manière anodine. En revenant à Toshima, je me suis posé dans un petit parc discret pour me remplir l’estomac avant une nuit bien méritée. Et puis sont arrivées plusieurs familles japonaises, portant des Matoi, qui je crois, sont des sortes d’étendard de pompier. Ils les font alors valser, sauter, lors d’une danse agréable à regarder. Il fait déjà nuit depuis longtemps. Le parc n’est éclairé que par l’horloge Seiko. Je prends mon carnet et dessine la procession.

Les enfants sont intrigués par ma présence. Je les sens se rapprocher de moi tout en continuant à jouer. L’une d’entre eux vient derrière moi. Je continue tranquillement mon dessin. En un instant, tous les japonais du parc sont autour de moi pour regarder mon dessin. Heureusement, parmi eux, le maître du matoi (la personne à droite sur le dessin) parle anglais. On échange quelques mots, une nouvelle danse, et on se salue.

Je regagne ma petite maison de Toshima, de nuit, l’occasion d’enchanter Camille, ma collègue de l’AUDC, curieuse de la conclusion secrète de mes parcours quotidiens. Avec un plan en prime, et un dessin d’une maison d’artisan, dans la rue voisine.

Demain, deuxième entretien : Professeur d’urbanisme de l’Université de Waseda, Takashi Ariga. Et belle soirée en perspective : mon ami pékinois Olivier me rejoint en soirée pour une semaine. Grande joie !

À demain ?

ロマン

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