Romain Rousseaux Perin | Jour 38 – Ōsaka 1/2
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Jour 38 – Ōsaka 1/2

En rejoignant Ōsaka en fin de matinée, je retrouve le Tōkyō que j’ai laissé il y a une semaine. Et c’est plus évident qu’à Kōbe. On dit de Ōsaka qu’elle est peut-être la ville la plus occidentalisée du Japon. “Peut-être”. Car si on remarque bien la présence d’enseignes étrangères en grand nombre, et de grands axes avec alignements d’arbres et façades vierges de toute publicité tapageuse, on ne peut ignorer plus globalement l’urbanisme et l’architecture qui caractérisent les villes japonaises. À Ōsaka, on est au Japon. Il suffit de jeter un œil aux rues perpendiculaires pour ne pas l’oublier.

À chaque fois que je suis confronté à ces rues si chahutées par leurs lots de panneaux lumineux en relief, je ne peux m’empêcher de repenser aux propos de Junichirō Tanizaki, dans Éloge de l’ombre, où il fustige déjà la débauche de lumière électrique et le gaspillage de cet éclairage abusif. Il est vrai qu’entre les rues tamisées de Kyōto et les rues clinquantes de Ōsaka, il y a un monde… On pourra me reprocher de ne pas comparer deux rues à la même intensité urbaine, mais il n’y a rien de comparable à Kyōto de toute façon.

Ces photographies ont été prises pour la plupart dans le quartier de Dōtonbori, réputé pour ses enseignes évocatrices et provocatrices, ses nombreux commerces et son animation, notamment en soirée. Il va sans dire qu’il doit exister des lieux plus apaisés, plus propices à l’habiter. Une confrontation qui me permettrait d’avoir un regard plus objectif sur cette ville de Ōsaka. D’ailleurs, en m’éloignant un peu de ce quartier agité, comme à Tōkyō, on retrouve ça et là des situations urbaines complexes (et contraintes), fruit d’un processus que l’on connaît déjà.

J’aime assez bien ce dernier cliché, qui a le mérite de montrer un catalogue d’architectures aux échelles différentes : une tour d’une trentaine d’étages, un bâtiment qui en a une vingtaine de moins, un autre à trois étages, plus modeste. Une maison s’y adosse, faisant de l’ombre à un petit temple shintō à l’angle des deux rues perpendiculaires. Dans un seul îlot, on est confronté à plusieurs unités aux programmes et aux dimensions bien différentes.

Enfin, dans une rue commerçante couverte encore animée, malgré la nuit bien installée, je retrouve un de ces petits restaurants où seuls quelques habitués peuvent prendre place le long du comptoir, qui sert en même temps de cuisine.

Après un repas sushis, l’heure est venue pour moi de gagner le théâtre national de bunraku, un type de théâtre de marionnettes japonais datant du XVIIe siècle, pour lequel j’ai réservé une place pour l’acte final. Une séance de 45 minutes qui me rappellera à ma ville natale, Charleville-Mézières, qui donnait une nouvelle édition du festival mondial des théâtres de marionnettes juste avant mon départ.

ロマン

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