Romain Rousseaux Perin | Jour 31 – Reiko, Tokyo, Kyoto
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Jour 31 – Reiko, Tokyo, Kyoto

Ce matin, j’ai quitté Reiko, à contre-coeur. Depuis le début de mon séjour, elle a été très certainement la meilleure des hôtes qu’on peut rencontrer. Plus qu’un simple accueil courtois, elle a toujours été à mes soins, à se préoccuper de ma bonne santé et de mon confort. La barrière de la langue ne nous a pas empêché de communiquer. Ce n’était certes pas tous les jours faciles, mais on s’est finalement toujours assez bien compris. Ce soir, à Kyoto, c’est à elle que je pense, et je lui souhaite de continuer à faire de belles rencontres avec les personnes qu’elle reçoit chez elle avec tant d’affection.

La maison de Reiko, dans le quartier de Zoshigaya à Tokyo. Ma (très lourde) valise prend la pause.

Je reviendrai Reiko ! Mais avant cela, direction Kyoto par le Shinkansen. Je suis partagé sur la métaphore que je pourrais tenter sur son design. Suppositoire, Citroën DS, Batmobile… ? Quoi qu’il en soit, il roule vite, bien, on a de la place pour ses jambes, une vue sur le Mont Fuji pendant un bon moment, et un choix imbattable dans les horaires (il y en a un toutes les 15 minutes !).

Après deux heures de pleine vitesse, à sillonner franges urbaines et milieux montagneux (mais surtout franges urbaines, la côte Pacifique nippone est très urbanisée), j’atteins Kyoto et sa gare centrale, emblématique, construite par l’architecte Hiroshi Hara en 1997. Quelques minutes plus tard, je pose enfin mes bagages dans ma chambre d’une semaine, située dans une maison traditionnelle japonaise.

La nuit est très vite tombée, et le froid commence doucement à s’installer. Je décide de partir à la découverte des environs qui, au vu de ma première approche, semblent prometteurs. Kyoto est souvent considérée comme la capitale culturelle du Japon. Ses maisons traditionnelles et temples shintô affirment ce caractère. Les geishas se promènent dans les rues, les restaurants restent mystérieux depuis l’extérieur, et les jardins à la japonaise se laissent bien davantage apprécier qu’à Tokyo. À quelques pas de ma maison se trouve le marché de Nishiki, un grand axe commercial couvert de plusieurs mètres de long où certains mets classiques de la gastronomie japonaise côtoient des saveurs moins connues, mais que l’on peut déguster pour essayer. Les effluves de poissons titillent les papilles, les grillades frémissent et les baguettes brillent. Si vous avez faim, la rue entière est une bonne adresse.

Certains commerce se contentent d’à peine deux mètres pour offrir leur étalage au regard des passants. Cela suffit à créer le contact nécessaire aux affaires quotidiennes.

Je gagne doucement la Kamo-gawa River, à l’est du marché, pour déambuler à travers les ruelles de Pontocho Dori, à la recherche d’un restaurant qui saura satisfaire mon envie du moment. Très étroites, les venelles sont bordées de chaque côté par des maisons typiques sur deux niveaux. Les façades sont travaillées pour la plupart à travers un jeu subtil sur les contrastes ombre/lumière, plein/vide, montré/caché. En contraste avec les commerces communs où l’on montre tout en vitrine, on joue ici sur l’art de la dissimulation. Et il nous prend tout à coup l’envie de pousser la porte un peu partout, happé par la curiosité de l’en-dedans. Cela me rappelle d’ailleurs le travail sur la devanture du V.C. Morris Gift Shop de l’architecte Frank Lloyd Wright. Une entrée où la vitrine entre dans le bâtiment, comme pour inviter les passants à aller plus loin.

Les petits restaurants qui se succèdent le long de Pontocho Dori donnent pour certains sur la Kamo-gawa River. Pas de mise en scène particulière sur la rivière, mais un calme apprécié lorsque l’on cherche à s’éloigner de la foule touristique.

Il est d’ailleurs un endroit assez isolé des touristes en soirée, étonnamment, c’est le quartier de Shimbashi, que l’on trouve une fois la rivière traversée par le pont Shijo. On retrouve là un ensemble de maisons japonaises remarquable, très bien préservé. La Shinmonsen Dori nous fait voyager dans le temps. Les maisons ne s’ouvrent que très peu sur l’extérieur. Difficile de deviner ce qui se passe à l’intérieur, le prix des menus ne m’engage pas trop à aller plus loin (pour le moment). Mais l’effet est là.

 

Les feuilles commencent à jaunir. J’ai hâte de me balader, proche des forêts, en cette saison…

ロマン

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