Romain Rousseaux Perin | Jour 27 – Discussion avec Takuro Yamamoto
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Jour 27 – Discussion avec Takuro Yamamoto

Aujourd’hui, j’ai discuté pendant un peu plus d’une heure avec Takuro Yamamoto (son agence en cliquant ici), l’architecte de la Little house with a big terrace. Une maison qui privilégie un équilibre entre intérieur et extérieur au-delà de la recherche d’une maximisation de la surface habitable.

Cette maison a été conçue pour trois habitants, un couple et un enfant (à venir). La maison se trouve dans un quartier résidentiel à l’Est de Tokyo. Moins dense que les quartiers résidentiels plus centraux, le quartier offre des rues plus larges et un ensemble de maisons dont la surface habitable doit largement dépasser les 100 mètres carrés. Selon l’architecte, l’environnement ne présente pas de diversité sociale particulière. Le revenu du voisinage est semblable.

Architecturalement, la diversité n’est pas non plus flagrante. La plupart des maisons sont construites par des constructeurs comme Daiwa House, qui tente d’installer une fausse diversité par le biais d’appareillages en plastique préfabriqués. La maison de Yamamoto fait donc assez facilement exception, tant par son design que par sa surface habitable. Même si les 67 mètres carrés d’espace de vie peuvent paraître légers, il est utile de remarquer un étage au plafond bas, lisible sur la coupe : moins de 1,40 mètre de hauteur. Au Japon, les surfaces habitables avec une HSP inférieure à 1,40 mètre ne sont pas comptabilisées dans le calcul de la surface constructible maximale autorisée. Un peu comme en France pour les surfaces en-dessous de 1,80 mètres. C’est un point important pour comprendre les petites maisons car ici, la surface habitable constructible sur chaque parcelle dépend d’un coefficient appliqué à la superficie de la parcelle : pour un terrain de 40 mètres carrés avec un coefficient de 200%, la maison pourra proposer une surface habitable maximale de 80 mètres carrés. Dans certains cas, ces surfaces en plus peuvent donc être précieuses, notamment pour des zones de rangement ou des couchages. C’est le cas notamment de la Tsubomi House, visitée récemment, où l’on retrouve en sous-sol un espace de stockage similaire, dont la hauteur sous plafond est inférieure à 1,40 mètre.

Le fait d’avoir placé cet étage de rangement entre le premier et le deuxième niveau permet de rehausser le niveau de la pièce principale par rapport à la rue. Dans le quartier, le premier étage de chaque maison est au même niveau. Ici, par son léger rehaussement, l’espace de vie préserve son intimité du voisinage, sans avoir forcément recours à toute forme de masque. Subtil, mais efficace. Ce recul supplémentaire par rapport à la rue permet en plus d’éloigner l’intimité familiale de la vue depuis l’espace public.

Dans la matinée, je visitais la cathédrale Sainte-Marie du célèbre architecte Tange Kenzo. Je préfère taire ici les banalités que l’on pourrait laisser échapper face à ce genre de monuments. Mais je dois bien avouer que je reste encore assez subjugué par la mise en œuvre du béton. Sans le toucher, j’avais l’impression de caresser de la soie.

Demain, je mettrai un beau point final à cette première session d’entretiens en rencontrant l’architecte Yasuhiro Yamashita de l’atelier Tekuto. Les entretiens reprendront mi-novembre.

ロマン

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