Romain Rousseaux Perin | Jour 24 – Rencontre avec NAYA architects
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Jour 24 – Rencontre avec NAYA architects

En ce début de semaine, je suis allé à la rencontre de Manabu et Arata (et de Gu, le chien) de l’agence NAYA Architects (cliquez ici pour être redirigé vers le site de leur agence). Un entretien qui s’est terminé par la visite de la maison personnelle d’un des deux architectes, à quelques pas de leurs bureaux de Kanagawa.

La GILIGILI House est une grande maison. Mais elle est intéressante à regarder de plus près car, finalement, chaque espace pris indépendamment est d’une taille tout à fait raisonnable. Cliquez ici pour découvrir plus de photos sur cette maison. La GILIGILI House développe deux étages de bureaux à la location au deuxième et troisième niveau. Le rez-de-chaussée comprend donc deux entrées distinctes. L’entrée de l’habitation de l’architecte se fait au niveau 4F, par un ascenseur. Le premier niveau de l’appartement est dédié aux invités, avec pièce à tatami privative (où il faut sortir dehors pour y accéder) et salle de bain. Au niveau 5F, on retrouve le salon/salle-à-manger, la cuisine et un coin bureau réservé pour Madame. C’est là un trait bien ancré dans la culture japonaise, selon l’architecte : les femmes s’occupent des fourneaux. Son coin bureau a donc été conçu contre la cuisine, pour qu’elle puisse avoir tout ce dont elle a besoin à proximité, y compris les meilleures recettes sur internet.

Au niveau 6F, la chambre principale donne sur le salon. Les perspectives sur l’extérieur sont multiples grâce aux ouvertures stratégiques. Même au niveau 7F, pourtant à l’extérieur, un percement permet de garder un oeil sur la vie urbaine en contre-bas, qu’on oublie parfois tant cette maison parvient à déconnecter l’habitant de l’agitation urbaine.

Selon les architectes Manabu et Arata, les Japonais héritent d’une affection particulière pour tout ce qui est petit. Difficile d’entrer dans le détail de cette idée, tant de choses indicibles sont impliquées. Mais, il survient un paradoxe à souligner : au regard des dimensionnements dans la production de maisons, plus généralement dans les objets du quotidien, l’esthétique japonaise s’accommode du petit tout en le magnifiant. Si bien que l’on pourrait penser naïvement que les Japonais en ont fait leur mode de vie : ils se contentent du minimum. Pourtant, les projets développés par les architectes cherchent très souvent à titiller la limite réglementaire de constructibilité. Il ne s’agit pas seulement d’agrandir l’espace visuellement, mais aussi physiquement. Au Japon, une loi fixait jusqu’à il y a peu de temps le seuil minimal des logements collectifs à 18 mètres carrés. Ce seuil est aujourd’hui passé à 20 mètres carrés, après une série de débats mettant en question ce faible seuil. En France, on trouve pourtant assez facilement des logements de 9 mètres carrés, seuil minimal pour qu’un logement dans un immeuble collectif soit considéré comme décent.

La forte densité tokyoïte rapproche les individus les uns des autres. Il est très courant, lors de mes promenades, que je me retrouve dans une impasse, les fameux cul-de-sac tant décriés en France. Au Japon, il y en a beaucoup. Mais en apparence, ils semblent, par leurs dimensions et leur significative appropriation, créer une forme de communauté de voisinage. Je dis “en apparence”, parce que dans les faits, il semblerait que ce soit bien différent. Le chacun chez-soi prédomine. Les voisins se parlent peu.

Certains architectes comme Hosaka Takeshi travaillent à redonner du sens au partage à l’échelle du voisinage. Il faut dire qu’au Japon, les ambiances des rues commerçantes laissent présager des contacts humains qu’on pourrait leur envier. On y retrouve une ambiance villageoise, où les marques nationales sont voisines de petites boutiques de produits frais et pas chers. Les gens échangent quelques mots avec les commerçants, sur le chemin qui les mène de la station de train la plus proche à leur maison. Plus loin, une haie de bambous filtre un petit parc où les enfants jouent à la tyrolienne, à la sortie de l’école. Les parents ne sont pas loin, même si la surveillance est superflue tant il y règne un sentiment de sécurité. Il n’est d’ailleurs pas rare de croiser des enfants rentrant tout seul de l’école. Même dans le métro.

À l’issue de ce bon moment passé avec Manabu et Arata, je suis passé voir la Small House de Unemori Architects. De nuit, je m’attendais à une première approche du plus bel effet, mais malheureusement (enfin je m’y attendais un peu quand même), les stores étaient baissés. Rien ne laissait transparaitre la vie à l’intérieur de la maison. Pour autant, cette maison a vraiment une faible emprise au sol : moins de deux places de parking ! Découvrez-en plus sur ce projet en cliquant ici.

Demain, je vais voir deux expositions : l’une sur les maisons japonaises (c’est de circonstance), et l’autre sur Ando Tadao. Je finirai ma journée par une rencontre avec l’architecte Yamana Toshiyuki.

ロマン

 

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