Romain Rousseaux Perin | Jour 20 – Chauffer (chez)soi
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Jour 20 – Chauffer (chez)soi

Je ne m’étalerai pas ici sur mes entretiens du jour. Le rendez-vous avec Cécile Asanuma-Brice, chercheuse au CNRS à la maison franco-japonaise de Tokyo, était passionnant. La retranscription intégrale serait nécessaire tant ses propos éclairent d’un nouvel oeil mes recherches. Je la remercie encore pour le temps qu’elle m’a consacrée. Le second rendez-vous avec Go Hasegawa n’était d’aucun intérêt. Une perte de temps saupoudrée d’une once d’arrogance, assez pénible à supporter pendant 30 minutes. Bref, passons.

Aujourd’hui, j’aimerais m’arrêter sur un des points de notre échange avec Cécile Asanuma-Brice, à savoir le chauffage des maisons individuelles au Japon. Selon elle, au Japon, les maisons individuelles seraient moins énergivores que les logements collectifs. Cela peut s’expliquer entre autres par la façon de chauffer les espaces de la maison. La grande majorité des maisons japonaises est construite en bois. En Juin, le Japon connait de fortes intempéries, des moussons et typhons, qui amènent beaucoup de pluie. En août, ce climat subtropicale fait remonter l’humidité emmagasinée par les sols à la surface. Dans la structure des maisons, cela se traduit par un pourrissement du bois si la ventilation ne se fait pas correctement. Cela explique entre autre le fait que la maison japonaise soit traditionnellement très ouverte, largement ventilée, souvent sans isolation. Mais alors, quid de l’hiver ? Comment réchauffer les espaces de maisons qui sont en réalité de vraies passoires thermiques ?

Au Japon, si la tendance à chauffer les espaces dans leur ensemble est apparue avec la construction de maisons dites modernes, on préfère chauffer ponctuellement les espaces. Le kotatsu (炬燵), par exemple, est un support en bois de faible hauteur, recouvert d’un drap épais sur lequel on pose une planche pour faire table. En dessous de la table et de la couverture, un chauffage d’appoint réchauffe les pieds des convives installés autour du kotatsu. Le thé chaud réchauffe les parties émergentes.

En ce moment-même, j’écris cet article sur un kotatsu, mes jambes bien au chaud. Mes pieds, toujours gelés, sont aux anges ! Le kotatsu est en fait une adaptation contemporaine d’un héritage plus ancien : le irori (鑪). À l’instar des cheminées de salon à l’occidentale, le irori est une cheminée placée au centre de la pièce principale de la maison, autour de laquelle les membres d’une même famille se rassemblaient pour se réchauffer ou pour cuisiner. À cet effet, une tige d’acier était souvent suspendue au plafond, au droit de la braise, pour y suspendre des marmites de toutes tailles. Un côté convivial que le kotatsu parvient à recréer, lorsque leur dessous n’est pas envahi par une horde de chats…

D’autres points chauds existent, notamment depuis quelques années avec le développement de lunettes de toilettes chauffantes. Pour vivre depuis 15 jours dans une maison japonaise plutôt traditionnelles, sans chauffage dans toutes les pièces, il est vrai que c’est un confort que j’apprécierais lors de mes virées nocturnes. Je vous passe la photo d’illustration pour ce coup-ci. De manière générale, les maisons japonaises sont aujourd’hui chauffées soit par une climatisation réversible chaud/froid, soit par un chauffage au fioul, plus performant et bien moins coûteux que le chauffage électrique.

Pour les plus frileux et les plus écologiques d’entre nous, reste le hanten, ce kimono ouaté qui tient bien chaud tout en vous donnant un style inimitable. Pour preuve, j’ai testé.

Bon, et puis sinon, il reste bien une solution pour réchauffer le corps tout entier, mais là… Je laisse libre court à votre imagination.

ロマン

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