Romain Rousseaux Perin | Jour 70 / Day 70 – Le dernier / The last one
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Jour 70 / Day 70 – Le dernier / The last one

L’équivalent de 1.194 étages montés. 871.662 pas. 580 kilomètres. Soit un bon Paris-Brest (sans compter les calories). Autant dire que j’aurais vu quand même pas mal du Japon, mais tellement peu en même temps…

 

“70 jours”, c’est ce que j’ai indiqué sur le formulaire dédié aux services douaniers lors de mon entrée au Japon. Actuellement, je fais le chemin inverse. Si l’avion n’a pas de retard, je devrais atterrir dans un peu moins de 4 heures. Ces 70 jours, j’ai essayé de les vivre le plus intensément possible. Parce que c’était la première fois, qui avait le goût de toutes ces autres premières fois : l’aventure, ce voyage vers l’inconnu, cet émerveillement perpétuel, quotidien, dont vous devez pourtant vous méfier tant il peut vous rendre moins objectif. Parce que cela sera peut-être la seule opportunité que j’aurai dans ma vie de voyager aussi longtemps, et d’avoir tout ce temps à consacrer, juste pour ça. Parce qu’une fois que vous ressentez tout le sens de l’Ukiyo, cela devient une nécessité, un besoin de pousser cette porte, une curiosité insatiable qui bouscule les limites que l’on se fixe de façon permanente et qui appartiennent désormais à l’inconscient collectif. Parce que si je reviens un jour, je redécouvrirai une nouvelle Tōkyō, tant elle est l’image même d’une ville organique. Parce que, tout bêtement, le temps passe plus vite ; pudiquement, je n’en ai rien dit, mais cette France, et tout(s) ce(ux) qu’elle m’évoque, m’a manqué chaque jour.

 

Le temps est donc venu des remerciements. Des remerciements que je renouvelle ici pour la plupart :

 

À la Fondation Palladio, sans qui rien de tout cela n’aurait été possible. La recherche sur la ville doit continuer d’être valorisée, à toutes ses échelles, dans toutes ses dimensions. Palladio y participe, notamment en soutenant financièrement des recherches doctorales ou post-doctorales, et même des poursuites d’étude. Mais aussi en apportant aux jeunes chercheurs un réseau de professionnels dont les compétences éclairent chaque jour les perspectives auxquelles nous consacrons plusieurs années de notre parcours professionnel. Au-delà, ce sont ces groupes de réflexion autour de séminaires transversaux qui animent chaque année des débats qui participent déjà à la pensée de la ville future. Merci pour votre soutien, que vous avez décidé de renouveler cette année. Merci à tous ses membres bienfaiteurs, mécènes, et actifs administrateurs qui se reconnaîtront ici ;

 

À la ville de Châlons-en-Champagne et à l’Agence d’Urbanisme AUDC, de faire exister cette présente recherche ;

 

À toutes les personnes m’ayant accueillies dans le cadre de mes entretiens : Manuel Tardits, Takashi Ariga, Takaharu Tezuka, Kazuyasu Kochi, Unemori Architects, Megumi et Takeshi Hosaka, Yoshinori Sakano et l’habitante propriétaire de la Flat House, Hideyuki Nakayama, Cécile Asanuma-Brice, Masaki Endoh, Manabu et Arata Naya, Yoshiyuki Yamana, Madoka Aihara et Florent Reverdy, Imamura Souhei, Takuro Yamamoto, Yasuhiro Yamashita, Teruo Miyahara, Bill Galloway, Shinsuke et Masayo Fujii, Taira Nishizawa, Tatsuo Iwaoka, Edward Suzuki, et Manabu Chiba (dans l’ordre chronologique des rencontres) ;

 

À Julien, mon interprète, sans qui tous ces entretiens ne se seraient sans doute pas aussi bien déroulés. En postant cette annonce de recherche il y a près de six mois à la Chambre du Commerce de Tōkyō, je dois bien avouer que je ne m’attendais guère à trouver quelqu’un d’aussi professionnel. Car Julien est interprète professionnel. Et malgré le dédommagement ridicule que je proposais (même si pour moi, c’est une sacrée somme), il a toujours répondu présent. C’est une réelle chance d’être tombé sur lui, et j’ai pu mesurer cette chance à chaque entretien. Notre duo était parfait, si bien que dans les dernières interviews, Julien relançait les architectes en sachant par anticipation les questions que je souhaitais leur poser. Cela fait gagner un temps précieux sur l’heure d’entretien que nous devions menés tambours battants. Cette complémentarité est le point clé de la réussite espérée de ces enquêtes de terrain ;

 

À Yoko, pour les quelques entretiens passés ensemble. Yoko est une belle rencontre de ce début de séjour ;

 

Aux habitants m’ayant ouvert leurs portes. Venir au Japon pour étudier les petites maisons individuelles en ville, sans pouvoir en visiter une aurait été un échec, un non-sens, une aberration. J’en ai visité plus qu’espéré, et ces expériences nourriront de la meilleure façon mes réflexions à venir sur l’optimisation des surfaces habitables ;

 

À l’ensemble de mes hôtes pour leur accueil chaleureux, avec un remerciement particulier et appuyé à Reiko et sa famille. Ils resteront pour moi la plus belle des rencontres au Japon. Si je reviens un jour, je retournerai chez elle sans la moindre hésitation, et avec un très grand plaisir ;

 

À Cécile Asanuma-Brice, pour la visite de son quartier, de sa maison, pour l’aide apportée sur la diffusion de mon questionnaire, pour sa bienveillance et évidemment pour notre entretien qui m’a éclairé sur la situation du logement au Japon ;

 

À la MFJ et les organisatrices de la journée d’étude JAPARCHI du 11 novembre dernier. Cet instant d’échange et de débat était un moment clé de mon séjour, un moyen de faire le point sur les premiers entretiens, sur les premières visites, sur les premières expériences de terrain. Mais aussi et surtout de recueillir des avis croisés entre les deux cultures ;

 

À Nicolas Depoutot, pour ses conseils et orientations et ses retours sur mes articles, avant et pendant le voyage ;

 

À Walter Pezzali, pour ce bon moment passé, et pour sa visite détaillée de Kichijōji, l’image d’un Tōkyō qu’il ne faut pas manquer ;

 

À vous, lecteurs d’un jour ou depuis le début, qui m’avez suivi. J’espère vous avoir transmis l’essentiel : l’envie d’aller plus loin.

 

À toutes les personnes que j’aurais omis de mentionner ici, et je m’en excuse. En tout cas, j’ai pris un véritable plaisir à partager avec vous mes expériences quotidiennes (et j’ai réussi à m’y tenir !). Je ne sais pas encore comment tout ceci va se formaliser dans ma thèse, si cela doit ou non faire l’objet de travaux annexes avant cela, mais le contenu est là, sous cette forme et c’est – pour le moment – tout ce qui compte.

 

À ma femme et à toute ma famille, pour tout.

 

Romain.

The equivalent of 1,194 assembled floors. 871,662 steps. 580 kilometers. A Paris-Brest (without counting calories). As much to say that I would have seen quite a lot of Japan, but so little at the same time…

 

“70 days” is what I indicated on the form dedicated to customs services when I entered Japan. Right now, I’m going the other way. If the plane isn’t late, I should land in four hours. These 70 days, I tried to live them as intensely as possible. Because it was the first time, which had the taste of all these other first times : adventure, this journey to the unknown, this perpetual, daily wonder, of which you must however be wary so much it can make you less objective. Because it may be the only opportunity I will ever have in my life to travel so long, and to have all this time to devote, just for that. Because once you feel the full meaning of Ukiyo, it becomes a necessity, a need to push this door, an insatiable curiosity that pushes the limits that we permanently fix ourselves and which now belong to the collective unconscious. Because if I come back one day, I will rediscover a new Tōkyō, so much it is the very image of an organic city. Because, foolishly, time passes faster ; modestly, I didn’t say anything about it, but this France, and all the things it reminds me of, missed me every day.

 

 

 

 

The time has come for thanks. Most of which I would like to reiterate my thanks :

 

To the Palladio Foundation, without whom none of this would have been possible. Research on the city must continue to be valued at all levels and in all its dimensions. Palladio participates, notably by providing financial support for doctoral or post-doctoral research, and even for the pursuit of studies. But also by providing young researchers with a network of professionals whose skills enlighten every day the perspectives to which we devote several years of our professional career. Beyond that, these think tanks around transversal seminars animate each year debates that already participate in the thinking of the future city. Thank you for your support, which you have decided to renew this year. Thank you to all its benefactors, patrons and active administrators who will recognize themselves here ;

 

 

It is up to the City of Châlons-en-Champagne and the AUDC Urban Planning Agency to make this research exist ;

 

 

To all the people who welcomed me in my interviews : Manuel Tardits, Takashi Ariga, Takaharu Tezuka, Kazuyasu Kochi, Unemori Architects, Megumi et Takeshi Hosaka, Yoshinori Sakano and the inhabitants of Flat House, Hideyuki Nakayama, Cécile Asanuma-Brice, Masaki Endoh, Manabu et Arata Naya, Yoshiyuki Yamana, Madoka Aihara et Florent Reverdy, Imamura Souhei, Takuro Yamamoto, Yasuhiro Yamashita, Teruo Miyahara, Bill Galloway, Shinsuke et Masayo Fujii, Taira Nishizawa, Tatsuo Iwaoka, Edward Suzuki, and Manabu Chiba ;

 

 

 

To Julien, my interpreter, without whom all these interviews probably wouldn’t have gone so well. When I posted this search ad almost six months ago at the Tōkyō Chamber of Commerce, I must admit that I didn’t expect to find anyone so professional. Because Julien is a professional interpreter. And in spite of the ridiculous compensation that I proposed (even if for me, it is a big sum), he always answered present. It’s a real chance to have run into him, and I’ve been able to measure that chance at every interview. Our duo was perfect, so in the last interviews Julien gave the architects a boost, knowing in advance what questions I wanted to ask them. This saves valuable time on the hour of maintenance that we had to carry out beating drums. This complementarity is the key to the hoped-for success of these field surveys ;

 

 

 

To Yoko, for the few interviews we had together. Yoko is a beautiful meeting of this beginning of the stay ;

 

To the inhabitants who opened their doors to me. Coming to Japan to study small single-family homes in town, without being able to visit one would have been a failure, a nonsense, an aberration. I have visited more than I had hoped for, and these experiences will best inform my future reflections on the optimisation of living space ;

 

To all my hosts for their warm welcome, with a special thanks to Reiko and his family. They will remain for me the most beautiful meeting in Japan. If I return one day, I will return home without hesitation and with great pleasure ;

 

 

To Cécile Asanuma-Brice, for the visit of her neighborhood, her house, for the help given on the diffusion of my questionnaire, for her kindness and obviously for our interview which enlightened me on the housing situation in Japan ;

 

To the MFJ and the organizers of the JAPARCHI study day on November 11th. This moment of exchange and debate was a key moment of my stay, a way to take stock of the first interviews, the first visits and the first field experiences. But also, and above all, to collect opinions that cross between the two cultures ;

 

 

To Nicolas Depoutot, for his advice and guidance and his feedback on my items, before and during the trip ;

 

To Walter Pezzali, for this good time, and for his detailed visit to Kichijōji, the image of a Tōkyō that should not be missed ;

 

To you, readers of a day or from the beginning, who followed me. I hope that I have given you the essential message : the desire to go further.

 

To all the people I would have omitted to mention here, and I apologize for that. In any case, I took a real pleasure in sharing with you my daily experiences (and I managed to stick to them !). I do not yet know how all this will be formalized in my thesis, whether or not it should be the subject of additional work before that, but the content is there, in this form and that is – for the moment – all that matters.

 

To my wife and my whole family for everything.

 

ロマン

 

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