Romain Rousseaux Perin | Jour 68 – Kita-Senju, Natural Illuminance
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Jour 68 – Kita-Senju, Natural Illuminance

Dernier article avec des nouvelles fraîches. Je suis allé faire un tour du côté de Kita-Senju, un quartier qu’on m’avait recommandé, et dans lequel j’avais déjà trainé en fait. C’était un soir, il était tard. Je rentrais d’un dîner avec Yoshiyuki Yamana et Tatsuo Iwaoka, on y avait fait une halte rapide, et je me souvenais être passé d’une rue à l’autre par de très étroites venelles. Le jour, c’est beaucoup moins animé, il m’a fallu un peu de temps pour remarquer qu’il s’agissait bien du même quartier.

On arrive à Kita-Senju depuis la ligne Chuō-Sobu en partance de Ueno. En sortant de la gare JR, on arrive sur une place hors-sol. Les rues et son trafic sont en dessous. On appréhende alors la place centrale depuis le haut, une vue d’ensemble qui vaut celle de nombreuses gares. Le modèle se répète et se ressemble, de station en station.

Je pars découvrir les environs. Vous ai-je déjà parlé de ces maisons traditionnelles post-seconde guerre mondiale qui font pourtant encore l’urbanisme tokyoïte sans qu’on ne les remarque vraiment ? Le long des artères commerciales, dans les petites rues perpendiculaires, dans la profondeur des chō, elles sont partout. Structure apparente ou non, recouverte de tôles pour éviter le pourrissement du bois ou enduite, pour les mêmes raisons, elles se remarquent surtout par leurs baies, leur plan, leur toiture et leur seuil. À une époque où l’espace du travail et l’espace de la famille n’étaient pas autant séparés (mouvement de séparation qu’a connu la France et de nombreux autres pays, d’une autre façon, durant la période industrielle), il n’était pas rare que ces maisons abritent au rez-de-chaussée un commerce, tenu par les habitants. On remarque que certaines de ces maisons ont gardé cette fonction. Les propriétaires ne sont d’ailleurs plus tout jeune, et la tenue des boutiques suffit à s’en rendre compte.

Kita-Senju fait parti de ces quartiers de la capitale qui gardent encore beaucoup de traces du passé. Il figure tout autant les mutations en cours, avec une densification des axes commerçants, et un renouvellement important du cadre bâti, notamment résidentiel. La même situation est à observer à Shin-Koiwa, le deuxième quartier où je me suis rendu aujourd’hui, pour aller voir une des maisons de Masaki Endoh de l’agence EDH Endoh Design House, rencontré le 20 octobre dernier. La Natural Illuminance se situe dans un ensemble résidentiel calme mais assez excentré (ce que je considère à plus de 20 minutes à pied d’une station de train). D’ailleurs, est-ce révélateur d’un niveau social moins élevé ? On y croise beaucoup plus de Mansions que dans la partie centrale de Shin-Koiwa, avec leurs entrées impersonnelles, alignées sur des paliers se glissant bien souvent entre deux immeubles, et donc très sombres.

La Natural Illuminance de Masaki Endoh a été construite en 2001. Son terrain n’a qu’une surface de 80 mètres carrés. L’emprise au sol avoisine les 35 mètres carrés pour une surface habitable sur deux niveaux de 65 mètres carrés. À l’époque de sa construction, aucun immeuble voisin obstruait l’apport de lumière naturelle sur la façade sud. Néanmoins, la réflexion sur la structure de la maison et son système d’apport de lumière naturelle sert le projet. Ici, la maison peut être totalement baignée de lumière sans qu’il n’y ait aucun vis-à-vis sur l’extérieur. Certaines “cassettes” peuvent s’ouvrir si l’habitant souhaite avoir des perspectives sur l’extérieur. À cet effet, une terrasse a été aménagée au-dessus de l’entrée, servant tout autant de auvent que de place pour prendre le repas, un soir d’été.

Ci-dessous, les photographies de l’agence EDH :

© EDH

© EDH © EDH

Je trouve le concept hyper intéressant dans un contexte urbain aussi chahuté que l’est celui de Tōkyō. On sait à quel point il peut être parfois difficile de concilier préservation de l’intimité entre espace public et espace privé, avec l’apport de lumière naturelle permanent.

C’était ma dernière petite maison. Après-demain, l’article “Jour 70” sera le dernier. Je vous donne rendez-vous à 11 heures, ici même, si le blog fonctionne bien sans moi, parce que je serai dans l’avion au même moment.

ロマン

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