Romain Rousseaux Perin | Jour 67 – Tsukiji, Hama-Rikyu Garden, Ginza
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Jour 67 – Tsukiji, Hama-Rikyu Garden, Ginza

Comme je vous l’annonçais hier, je suis allé faire un tour ce matin au marché aux poissons de Tsukiji, le plus grand du monde ! Rien que ça ! Je n’y étais pas à l’heure où les prix flambent, où le thon est parfois acheté à prix d’or, où les cris scandent haut et fort la valeur d’une denrée qui finira partout au même endroit. J’y suis allé vers 10 heures, quand le plus gros des touristes est déjà parti, quand quelques commerçants nettoient déjà leurs étalages quand d’autres finissent de vendre les restes. Je pense que c’est un moment de la journée où vous pouvez vraiment circuler librement, un peu n’importe où. Ma visite à Tsukiji avait quelque chose de nostalgique, alors que c’est la première fois que je m’y rendais. C’est sans doute parce que c’était aussi la dernière fois. Dans quelques mois, peut-être un ou deux ans, Tsukiji ne sera plus. Le marché aux poissons, ouvert en 1935, sera déplacé à Toyosu, pas très loin, dans des installations neuves répondant aux normes d’hygiène actuelles. Mais sans le charme des halles de Tsukiji, sans le côté bordel qu’on apprécie. Il faudra sans doute beaucoup de temps à Toyosu pour s’imposer comme un endroit incontournable aux visiteurs étrangers (et locaux aussi d’ailleurs). Et peut-être même qu’il ne s’imposera jamais.

J’aurai vu toutes sortes de poissons, des plus communs aux plus bizarres. Quand on pense à tous ces petits (et gros) poissons qui devaient bien tranquillement nagés dans l’Océan avant de se retrouver sans leur tête entre deux congères de glace, ça fait froid dans le dos. Surtout lorsqu’on connait le nombre de tonnes qui transitent par Tsukiji chaque année. Mais il faut voir aussi en cela toute la culture qu’il y a autour du poisson, ces couteaux invraisemblables qui traduisent un savoir-faire ancestral, cette coupe si minutieuse, si précise, et en même temps si rapide. Cet art du marchandage, dont les comptes de la matinée se font dans de minuscules boîtes en fond de “boutique”. On voit encore ici et là des négociations se faire. Les chariots adaptés aux allées circulent à pleine vitesse. Les scooters partent avec leurs cagots de polystyrène à l’arrière, empilés parfois en 7 ou 8 niveaux. Les restaurants doivent être fournis, il est déjà 10h30, le service du midi se prépare, celui du soir ne doit manquer de rien.

À deux minutes à pied de Tsukiji, on est surpris de la présence du jardin Hama-Rikyu. Au pied des plus grandes tours de la baie, ce jardin typique de l’ère Edo s’étale hors sol entre Tsukiji, Higashishimbachi et Hamamatsucho. Un havre de paix dans un environnement agité.

À la sortie du jardin, face à moi, la Nakagin Capsule Tower, de l’architecte Kisho Kurokawa. Un projet avant-garde, construit entre 1970 et 1972, se basant sur le principe de deux tours centrales structurelles, en béton, sur lesquelles des modules préfabriqués pourront être accrochés et décrochés selon l’évolution des usages et des besoins du bâtiment, et un moyen aussi de répondre à l’obsolescence des constructions. Chacune de ces capsules, de 2,30 par 3,80 pour 2,1 mètres de hauteur, constitue un module de vie ou de travail. Ils peuvent être combinés pour accueillir des familles. Aujourd’hui, le bâtiment est menacé de destruction. Ça se voit, de toute façon.

Et dans la prolongation, Ginza, ses tours, ses boutiques de luxe, ses tours, ses boutiques de luxe… Et ses dessous de ponts ! Un des quartiers les plus riches et les plus chers de Tōkyō.

Demain, derniers jours de vagabondage sans gros but précis. Découverte de Kita-Senju et passage à la Natural Illuminance de Masaki Endoh. Et jeudi, il sera l’heure de faire les valises.

ロマン

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