Romain Rousseaux Perin | Jour 53 – Rencontre avec Shinsuke et Masayo Fujii
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Jour 53 – Rencontre avec Shinsuke et Masayo Fujii

Au tout début de mon séjour, alors que je me promenais dans les rues étroites du quartier … au sud de Yokohama, je suis tombé totalement par hasard sur une petite maison, toute en béton. Alors intrigué par son esthétique singulière, je m’en approche, pour la voir de plus près, et me rend alors compte qu’elle se trouve être à la fois le bureau et la maison de ses architectes. Je m’étais alors permis de frapper, tentant ma chance pour en savoir un peu plus.

Aujourd’hui donc, je rencontrais Shinsuke et Masayo Fujii, le couple d’architectes à l’origine de la Oriel Window House, qui est sans détour l’une de mes petites maisons préférées. D’une surface habitable de 75 mètres carrés (parking compris) pour deux personnes, la maison abrite une agence d’architecture au premier et deuxième niveau. Au sol, la maison n’occupe que 60 % du terrain d’une superficie de 42 mètres carrés, suivant le kenperitsu, cette réglementation qui fixe le plafond d’occupation du sol d’une parcelle. Une autre réglementation fixe quant à elle la surface habitable maximale, d’après le kenperitsu. À partir de la surface au sol, les architectes ont donc pu développer 160 % de surface habitable, soit 75 mètres carrés. Le terrain est donc optimisé au maximum.

Au rez-de-chaussée, une petite salle de réunion permet d’accueillir les clients. Une entrée distincte se fait sur le côté pour accéder directement aux niveaux de l’habitation. Un espace en mezzanine de la salle de réunion sert de bureau aux architectes. Au deuxième étage, un séjour et une cuisine communiquent et bénéficient d’une vue sur le parc en face. Au printemps, lorsque les cerisiers sont en fleurs, les branches des arbres sont un peu plus lourde, se plient et arrivent au niveau de l’oriel. Au deuxième étage, la chambre permet d’accéder à deux petites terrasses : l’une pour tendre le linge, et l’autre, sur le toit, pour faire pousser quelques légumes et prendre l’apéro en été, avec une vue imprenable sur tout le quartier.

Les oriels de la maison sont redoutables. Non seulement elles cadrent un paysage changeant au fil des saisons, mais elles sont également un gain en surface. Ici, la surface plane sert de bureau : c’est autant de profondeur qui ne sera pas utilisé par des bureaux ajoutés. Au niveau supérieur, l’oriel sert de banquette. On y remarque de petites trappes : celles-ci permettent de déposer sur le rebord extérieur des oriels de petits pots de fleurs d’une part, et de ventiler naturellement toute la maison d’autre part. Nota bene : cette maison n’a aucune isolation. Il y fait un peu froid l’hiver, mais on y vit comme dans des maisons traditionnelles. À ce sujet, le gouvernement prévoit d’appliquer une nouvelle réglementation thermique dès l’année prochaine. Si cette maison avait été construit l’année prochaine, elle n’aurait sans doute pas été comme cela.

Sur le palier de la chambre, une petite bibliothèque sert de garde-corps sur la double hauteur sur le séjour. Un petit banc est intégré pour permettre une lecture brève, le temps de choisir un livre par exemple.

Sur le toit, les légumes poussent au soleil. À l’arrière, l’autoroute passe, sans se faire remarquer.

Je remercie Masayo et Shinsuke Fujii de m’avoir ouvert toutes leurs portes, et pour leur gentillesse. Nos échanges m’ont apporté de nouvelles pistes de réflexion. Au-delà, l’expérience de cette réalisation me conforte dans l’idée qu’une autre façon d’habiter est possible.

ロマン

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