Romain Rousseaux Perin | Jour 52 – Rencontre avec Bill Galloway
3362
post-template-default,single,single-post,postid-3362,single-format-standard,ajax_fade,page_not_loaded,boxed,select-theme-ver-3.1,menu-animation-underline,,wpb-js-composer js-comp-ver-4.11.2.1,vc_responsive

Jour 52 – Rencontre avec Bill Galloway

En ce début de semaine, j’ai rencontré Bill Galloway, architecte-associé de l’agence FrontOffice Tokyo. Nos échanges se sont principalement portés sur la Yoyogi House, cette petite maison dont je vous ai déjà parlé, qui se situe dans le quartier de Shibuya. Construite en 2008, elle a été conçue pour un couple de soixantenaires, sans enfant à charge, qui habitait auparavant dans une grande maison traditionnelle. Pour leurs vieux jours, ils ont pris la décision de vivre dans une plus petite maison, avec les moyens dont ils disposaient, tout en revendant leur ancienne maison pour rénovation.

La maison s’installe sur un terrain de 86 mètres carrés et dispose d’une surface habitable de 80 mètres carrés, ce qui est plutôt confortable. Les habitants n’ont pas cherché à rentabiliser au maximum les possibilités offertes par le terrain : en construisant pour avoir plus de surface habitable, ils se seraient privés d’un atout majeur : l’apport de lumière naturelle dans toutes les pièces.

Côté rue, on retrouve la traditionnelle place de parking qui, notons-le au passage, n’a plus cette fonction aujourd’hui. Lors de ma visite le mois dernier, j’ai pu constater que le parking était devenu une extension du jardin, d’abord situé à l’arrière du volume principal de la maison, sur une butte couvrant la chambre. Au-dessus de la chambre, on retrouve une terrasse qui communique visuellement avec l’espace du séjour, au premier étage. C’est malin, et bien fait.

De par leur nationalité canadienne, nous avons pu largement débattre de leur point de vue sur l’urbanisme et l’architecture résidentielle au Japon, au regard des pratiques sur le continent américain. Par cette comparaison, le contraste est encore plus saisissant, mais il ne manque pas de m’évoquer le travail de l’agence OJT, Jonathan Tate Architect, basé à la Nouvelle Orléans, et que je vous laisse découvrir en cliquant ici.

L’après-midi, après un repas alléchant et effectivement savoureux, Julien (mon génial interprète) m’a emmené découvrir un ensemble de logements sociaux, à quelques pas de chez lui, au nord de Tōkyō. Je n’avais vu ce type d’opérations que depuis le train, sans jamais en approcher une de près. On retrouve une organisation assez classique de barres autour de grandes cours centrales où aire de jeux et parc à vélos se partagent l’espace. De nombreux commerces de proximité sont actifs : coiffeurs, fleuristes, supermarché du quotidien, tabac… Et l’on s’y sent en sécurité. Si architecturalement parlant, on ne ressent pas énormément de différences avec les exemples francophones, on note tout de même que ce modèle semble être davantage apprécié au Japon. Cela dit, lorsqu’on y regarde de plus près, cette première impression n’est pas trop étonnante : par exemple, les espaces publics sont mieux traités, et les entrées des barres aussi : le hall d’entrée joue pleinement son rôle. Chaque entrée de logement bénéficie d’un petit espace sur coursive, qui sert de seuil. De l’expérience de Julien, la vie du quartier est agréable, sans aucune délinquance, hormis quelques cas isolés.

Restons néanmoins prudent sur cette première approche, nous n’avons pas, ici, le témoignage des habitants. Et n’oublions pas l’exemple de Takashimadaira Danchi, qui ne se situe qu’à quelques kilomètres de l’ensemble visité : ce complexe de 45 ans, composé de 29 immeubles de 14 étages, se situe au nord du quartier Itabashi. Il illustre, dans l’évolution de sa démographie, l’image future du Japon : une population vieillissante, avec un faible taux de natalité. Je vous invite à lire ce court article sur ce sujet, en cliquant ici (en anglais). Ce que cet article ne dit pas, c’est que Takashimadaira est aussi connu pour son très fort taux de suicide dans son histoire. On peut lire dans différents articles qu’une dizaine de suicides pouvait survenir par semaine. Depuis, des barreaux ont été posés sur les coursives pour les limiter. Si les loyers peuvent y être confortables et peu chers, ils n’amenuisent en rien la promiscuité apparente de ce type de logements, en dépit de la sécurité et des commerces de proximité.

Demain, je rencontrerai l’architecte Shinsuke Fujii, que j’ai connu par hasard en me baladant dans les quartiers résidentiels de Yokohama, quelques jours après mon arrivée. J’avais alors frappé à sa porte, intrigué par sa maison. Je vous en dis plus demain !

ロマン

No Comments

Post a Comment