Romain Rousseaux Perin | Jour 47 – Endeavors, House in Ebisu
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Jour 47 – Endeavors, House in Ebisu

Après avoir continué la retranscription de mes entretiens (c’est très long à faire), je me suis accordé une pause en allant à l’exposition consacrée à Tadao Ando, au National Art Center de Tōkyō. Sur le chemin de ma Guest House à la station Ōsaki, j’ai cette perspective là tous les matins. Dans trois ans, cette rue sera trois fois plus large.

Un plan pour qu’on comprenne bien la situation. Chaque gare stratégique concentre une forte activité. L’urbanisme en témoigne. Les grandes tours accueillent de très nombreux bureaux, commerces et restaurants. Matin et soir, ils sont le théâtre d’un va-et-vient qui, vu de haut, peut nous évoquer une fourmilière. Les masses se déplacent vers quelques points précis, sans trop se disperser. Ces parcours sont réglés selon un automatisme bien rôdé, si bien que certaines campagnes publicitaires semblent tenter d’interpeler sur un point problématique…

Les marches à suivre sont indiquées par des flèches, ou parfaitement balisées pour les personnes malvoyantes (que je n’ai pas encore vu) : serait-ce pour les accros au téléphone ? On peut se surprendre à se laisser guider par les musiques qui s’entremêlent (clic), par les flux de personnes qui vous emportent… Quoi qu’il en soit, on finit toujours par arriver à bon port, et je suis bien arrivé à l’exposition sur Tadao Ando donc.

Et il me suffit de quelques minutes pour me rendre compte de l’oubli monumental que j’ai commis la semaine dernière. Je suis pourtant bien allé à Kōbe, et une fois sur place, je savais que j’avais quelque chose d’autre à y voir… Mais à force de visites, de sur-planification, de rendez-vous, on en oublie certains, pourtant des incontournables. Et j’ai oublié d’aller voir la 4×4 House de Tadao Ando. La seule maison dont j’avais l’adresse d’ailleurs.

La première maison, en béton, a été construite en 2003, le long du littoral de Kōbe. Elle s’organise sur cinq niveaux de 4×4 mètres, sur un terrain de 5×5 mètres. Les espaces sont simples et résolument orientés vers la mer. Le dernier niveau est d’ailleurs pensé ainsi. Peut-être que la Window House de l’architecte Yasutaka Yoshimura (2014), le long de la baie d’Enoshima, s’en est inspirée. Tout en prenant ses distances avec le projet de Ando. Quoi qu’il en soit, leur contexte soulève le même souci du rapport entre l’homme et son horizon marin.

La deuxième maison, symétrique, est venue d’une autre commande, d’un autre client, le terrain adjacent au premier. Tadao Ando parachève là l’œuvre qu’il avait alors imaginé. La deuxième n’a pas duré dans le temps, mais la première subsiste toujours sur la baie de Akashi.

Alors oui, je n’ai pas vu cette maison, comme je n’ai pas vu les nombreuses autres qu’il a construit à Kōbe et à Ōsaka. De lui, j’ai vu Roppongi Hills sur Omote-sando, une réplique d’une de ses églises les plus célèbres, the Church of the Light. Et puis, au détour de la salle numéro 5, sur mon parcours, je vois une foule. Curieux, je me faufile, mais je ne vois rien. Il va bien se passer quelque chose. J’attends un peu, jusqu’à ce que retentissent dans la salle des “Aaaah” très appuyés, des “Ooooh” très admiratifs. Le Maître est là.

Je suis allé à l’exposition sur Tadao Ando sans savoir à aucun moment qu’il en serait. C’était donc une très bonne surprise. Je regrette simplement de ne pas avoir compris un seul mot de tout son discours, hormis kenchiku, mais c’est la base… Néanmoins je ne repars pas les mains vides : une monographie de ses maisons, avec un authentique autographe. La classe !

Tout cela m’a bien motivé à faire un crochet à la House in Ebisu des architectes Manabu et Arata NAYA, rencontrés il y a un peu moins d’un mois. Cette maison s’installe sur un terrain de 28 mètres carrés en occupant une surface au sol d’à peine 12 mètres carrés, ce qui permet de dégager une place pour la voiture. La surface habitable pour un couple sans enfant atteint près de 63 mètres carrés. Les espaces sont simples, répartis sur quatre niveaux, et un toit-terrasse, appréciable les soirs d’été.

Demain, je reprends ma dernière session d’entretiens. Je rencontrerai Yoshinori Sakano de l’agence Flat House, avec qui je (re)visiterai la Tsubomi House. À demain ?

ロマン

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