Romain Rousseaux Perin | Architecture
4059
page-template-default,page,page-id-4059,ajax_fade,page_not_loaded,,select-theme-ver-3.1,popup-menu-fade,wpb-js-composer js-comp-ver-4.11.2.1,vc_responsive

Expérimentation LabCDC “Pour une architecture de la transformation”

Mission : Pilotage de l’expérimentation

Durée : 10 mois

Lieu : Ancien sanatorium Villemin Maringer Fournier à Nancy

 

Réalisation dans le cadre d’un appel à projet national lancé par la Caisse des Dépôts / LabCDC : « Architecture de la transformation », recherche de solutions innovantes pour l’architecture de demain au service des habitants. L’équipe formée par Batigère Nord-Est et les deux Écoles Nationales Supérieures d’architecture de Nancy et Strasbourg sont lauréates pour lancer une expérimentation au service de la transformation architecturale dans le logement social, dans le but de faire émerger de nouvelles réponses architecturales, techniques et organisationnelles, tout en proposant des évolutions au cadre réglementaire.

 

Trois thématiques sont au coeur de cette recherche : performance énergétique et environnementale, évolutivité et adaptabilité des logements, transformation d’usage et évolution des bâtiments, le ressenti des habitants étant au coeur de la démarche. Dans ce cadre, deux sessions d’expérimentation ont été menées in situ, échelle 1, afin de recueillir le ressenti des visiteurs.

Télécharger le PDF

Et pourquoi pas petit ?  •  Mémoire de fin d’études

Problématique : « En quoi penser petits espaces pourrait permettre le développement de l’habitat individuel dans un contexte urbain à densifier, tout en stimulant l’expérience de l’habiter ? »

 

Et pourquoi pas petit : Pour une réinsertion de l’habitat individuel en milieu urbain s’apparente modestement à un « plaidoyer pour la maison ». Cible des critiques vis-à-vis des questions portant sur l’environnement, l’urbain, l’économie, et le social, la maison individuelle pâtit d’une image dévalorisée au profit de logements collectifs favorisant le vivre ensemble, la densité, la mixité sociale, et bien d’autres choses.

 

Pourtant, le modèle de la maison individuelle figure les intérêts et valeurs culturelles des français. Si les logements collectifs et les pavillons ont, tous deux, des avantages et des inconvénients, leur étude respective et complémentaire formule à elle seule les permanences et évolutions de l’acte d’habiter dans une société en constante mutation.

 

En premier lieu, ce mémoire propose la synthèse de l’état actuel de l’habitat en France. Il aborde à la fois les qualités intrinsèques des différents modes d’habiter, mais aussi leurs limites vis-à-vis des nouvelles préoccupations contemporaines liées à l’habitat. Base d’une possible mise en application, cette étude détaillée introduit l’apport des petites maisons, à travers l’appui de la culture japonaise et des exemples qui en découlent. Considérer les petites maisons implique de très nombreuses pistes de réflexion, contemporaines de notre époque : s’adapter aux nouvelles structures familiales et aux évolutions des aspirations individuelles ; satisfaire les nouveaux enjeux économiques, en rentabilisant le foncier pour les communes, et en réduisant les coûts de construction pour les particuliers ; s’accorder aux nouvelles ambitions énergétiques — par la limitation des surfaces de déperdition thermique, par exemple — et environnementales — par la réduction de la distance entre l’habitat et les pôles attractifs, par la réinsertion ponctuelle de la nature en ville, etc.

 

Outre ces aspects s’attachant au construit, ce mémoire explore d’autres horizons tout autant liés à la question de l’acte d’habiter : l’importante et nécessaire reconsidération urbaine, par la question du contrôle de l’étalement frénétique de nos villes ; la quête d’une urbanité qui, aujourd’hui, peine à s’imposer dans les nouveaux ensembles de logements ; la remise en question de notre société de consommation ; la lutte contre la ségrégation spatiale sans oublier le rôle primordial qu’occupe la communauté dans les relations sociales ; enfin la valorisation du statut de l’architecte en questionnant son implication dans la construction des maisons individuelles dans un contexte où les pavillonneurs ont le monopole du marché.

 

Ce sont autant d’intérêts qui, traités à travers une problématique commune, devraient engager de nouvelles pistes de réflexion autour de l’habitat de demain.

49 logements à Nancy

Implantation

Notre projet s’aligne aux trois limites parcellaires sur le site du Jardin des Sables. Il rentre ainsi en relation frontale avec trois entités de l’espace public : la rue, la « future » voie verte et le canal. Notre ensemble est dictée par le dynamisme d’une forme en retournement de la rue vers la voie verte, et qui s’élance jusqu’à l’ancien pont de la voie ferrée. Les bâtiments composant le projet s’organisent ainsi autour d’une cour, et bénéficient chacun d’une relation forte avec l’espace public et l’espace privé. La juste orchestration de ce passage public/privé était une de nos priorités. Dans la continuité de cette volonté, la cour centrale est appréhendée comme un « espace contenu », un lieu clairement défini mais qui conserve des relations visuelles avec son environnement proche et lointain.

 

Organisation

Les six bâtiments sont reliés entre eux par des « phares » signifiant les points d’entrée dans les différentes parties du projet. Comme des « boîtes poreuses », ils accueillent les circulations verticales (ascenseur et escalier) et, par leur traitement architectural, leur rendent leur noblesse. Ces phares sont des points de repère dans le projet. Ils articulent les différents bâtis, orientent des vues, créent des percées pour donner à la lecture l’épaisseur du construit.

 

Répartition du programme

Nous retrouvons quelques logements au RDC, dont trois studios attachés aux studios d’artistes s’ouvrant en rez-de-canal sur le chemin de hallage. Un local commercial dédié au commerce de proximité s’installe à l’angle entre le canal et la rue. La cour centrale, surélevée par rapport à l’espace public par un socle de parking, donne accès à un grand atelier de bricolage bénéficiant d’une double orientation. Dans les étages, les logements s’organisent de sorte à favoriser la mixité sociale, et sont desservis exclusivement par des galeries extérieures.

 

Volontés et objectifs

Le logement doit permettre à l’habitant de contrôler ses rapports sociaux. Ce sont des qualités que les théoriciens du pavillonnaire ont souvent défendues. Les dispositifs développés dans notre projet vont dans ce sens. Tous nos logements bénéficient a minima d’une double orientation, permettant à la fois de s’ouvrir sur la rue, et sur la cour intérieure. Dans la recherche d’une rupture entre le public et le privé, nous avons développé plusieurs “expériences sociales” à travers des réponses architecturales appropriables : espaces d’entrée clairement définis, terrasses d’entrée propres aux logements, terrasses coupées de relations avec les dessertes des logements, etc.

 

Les logements en plan

Dans l’organisation de nos logements, nous nous sommes tenus à offrir dans la majorité des cas une cuisine séparée de l’espace séjour, un espace d’entrée clairement défini, une chambre en relation directe avec l’entrée afin de permettre une plus grande indépendance d’un membre de la famille, une évolutivité possible malgré la complexité de la forme de nos bâtiments, de généreux prolongements extérieurs… Nous avons également cherché à proposer une diversité verticale. Nous proposons par exemple deux duplex T5 imbriqués dans le petit bâtiment donnant sur la rue.

Le dialogue des logements entre les deux entités public privé est commandé par les rythmes des baies en façade : côté rue, nous retrouvons la rigueur des compositions urbaines traditionnelles tout en adoptant un langage contemporain. Les épaisseurs des parois extérieures étant toujours plus importantes, nos menuiseries proposent une ouverture à simple battant sur un côté, au nu intérieur, et une niche dégagée par un vitrage en angle et en recul au nu extérieur. Cette niche aménage une petite tablette où nous pouvons nous assoir, poser des plantes, des objets de décoration, un prolongement dans la longueur d’un bureau, une table de nuit… Le dessous de la tablette offre des rangements, pouvant faire office de petites bibliothèques.

Maison des arts de la scène  •  Projet de fin d’études

Ce projet de fin d’étude s’inscrit dans la continuité d’un important travail d’analyse portant sur l’ensemble du site de projet. Cette phase préparatoire a permis de mieux appréhender les différentes richesses de cet environnement fortement marqué par l’Histoire de la ville. Emplacement stratégique à Nancy, le quartier de l’ancienne Citadelle relie deux morceaux de ville : la Vieille Ville et les faubourgs du XVIIIe siècle. Autrefois délimitée par des remparts, la Vieille Ville dialogue aujourd’hui avec le faubourg des Trois Maisons établi au nord des anciennes fortifications. De ce passé militaire et défensif, il subsiste encore des traces. Les fortifications ont en partie disparu, mais les deux portes de l’enceinte (Porte de la Craffe et Porte de la Citadelle) se dressent toujours au milieu d’un tissu désormais hétéroclite.

 

L’enseignement dirigé par Lucien Colin et Daniel Remy nous propose de réfléchir à l’intégration urbaine d’un équipement public culturel à destination des arts scéniques. Cet équipement doit répondre à un besoin réel exprimé par trois institutions culturelles de la ville de Nancy : un Opéra national, un Ballet et un Théâtre ; trois scènes réparties sur trois sites différents, et qui souffrent actuellement de dysfonctionnements majeurs. Leur situation géographique respective rend leurs évolutions difficilement envisageables. Le projet propose ainsi de répondre aux besoins exprimés par les trois institutions, par la création d’un complexe pouvant accueillir et mettre en relation les différentes disciplines. Il doit à la fois encourager et faciliter l’organisation de représentations publiques à travers la mise en place de deux salles de taille différente, et mettre à disposition des espaces de répétition pour les artistes.

Pisciculture de Gondreville

Gondreville est une petite commune à une heure de marche de la ville de Toul, qui s’est formé sur le flanc d’une petite colline, depuis laquelle on surplombe la Moselle. Son centre historique offre d’étonnants panoramas aux habitants. Une place est d’ailleurs totalement ouverte en surplomb du paysage environnant. En contre-bas se trouve un ancien site industriel familial désaffecté. Les traces de ce passé demeure à travers deux constructions significatives : une grande hall à shed, et un bâtiment servant de turbines pour l’eau qui traverse le village.

 

L’exercice de projet proposé par l’architecte Jacques Simon nous invite à réfléchir au programme d’une pisciculture, sur un territoire allant de Gondreville à Dommartin-lès-Toul. Ici, la Moselle est séparée en deux : la Moselle canalisée, et le lit naturel bercé de ses méandres et îlots naturels qui viennent chahuter son courant. Tout cela confère à l’ensemble une singularité saisissante, qui questionne le rapport établi entre les rives de Gondreville et son environnement naturel.

 

Le projet reconsidère l’ensemble du site bas du village, comprenant la grande place au bord de la Meurthe, l’usine désaffectée et la petite place du lavoir historique, bordant le petit canal de déviation qui alimentait autrefois la turbine de l’usine. Dans la réflexion urbaine du projet, les deux places sont mises en rapport par la construction d’un petit commerce proposant les produits émanant de la pisciculture, qui a son popre atelier de fabrication. Ce petit commerce vient combler un interstice en friche et participe à la densification du tissu existant.

 

Le grand projet d’hôtel-restaurant et pisciculture s’organise en lieu et place de l’ancienne usine, et s’élance vers un paysage remarquable, aujourd’hui totalement invisible depuis le village. Un nouveau bâtiment en “W” propose un restaurant gastronomique au rez-de-chaussée, couplé à une salle de réception pour les séminaires et les fêtes. Le premier étage organise 13 chambres d’hôtel ouvertes sur la Moselle, et sur le site de la pisciculture. Par cette forme en “W”, deux espaces extérieurs cadrent le paysage animé, et l’effet entonnoir renforce la perception du son de l’écoulement de l’eau. De l’autre côté, l’espace extérieur sert d’entrée à l’hôtel ainsi qu’au restaurant. Le plan cherche à exploiter au maximum un ensoleillement naturel. Ses grandes dimensions sont conditionnées par une référence aux dimensions d’un corps de l’usine voisine. Le dessin de l’ensemble reste familier aux constructions anciennes caractéristiques du village, sans manquer de contemporanéité. Par sa position et son architecture, l’hôtel-restaurant orchestre un parcours allant de la place centrale à la promenade des nouvelles berges aménagées. Les espaces dédiés à la pisciculture réhabilitent l’ancienne usine. Les bassins s’élancent vers l’horizon, et invitent les promeneurs à une ballade rejoignant la place panoramique, en haut du village. Un moyen de concilier redynamisation du site industriel et valorisation du paysage existant.

 

Face aux enjeux urbains, paysagers et économiques d’un tel projet, l’évidence d’une insertion du programme dans un contexte bâti s’est imposée, autant que la nécessité d’aller au-delà de la commande. L’apport d’un complexe hôtelier, complété d’une salle polyvalente à l’usage des habitants, permettra à terme de redynamiser une forme de centralité à la recherche d’un nouveau souffle.

Chapelle Notre-Dame de la Sagesse  •  Pierre-Louis Faloci

Le chantier de la chapelle Notre-Dame de la Sagesse a débuté à la fin de l’année 97. Le projet initial prévoyait à la place l’installation d’un immeuble de logements dans lequel la chapelle et les locaux associatifs auraient été aménagés en sous-sol. Finalement le projet a été abandonné suite à la pression qu’a exercé l’association diocésaine de Paris. On comprend cette pression immobilière par le contexte dans lequel vient s’installer la chapelle. Située au coeur du XIIIe arrondissement de Paris, elle s’inscrit dans le programme de la ZAC Paris Rive Gauche, à deux pas du métro aérien, du quartier Masséna de Christian de Portzamparc, de la BNF de Perrault et au coeur d’un îlot longeant les quais de la Seine, face au Palais Omnisports de Paris-Bercy. L’église a été livrée en 1999 ce qui fait d’elle la dernière église à avoir été construite durant le XXe siècle.